« Je suis Stéphane GILLI, Président du Groupe CAP SUD. Depuis Septembre 2006 mon entreprise est spécialisée dans la gestion et la maintenance de centrale photovoltaïque.
Fort de mon expérience, je vous propose de vous présenter ma version du monde sinueux et parfois scabreux de la transition énergétique et du solaire photovoltaïque. Vous comprendrez peu à peu tous les enjeux du grand bouleversement qui s’annonce et qui sont et seront les véritables gagnants de la grande vague verte.
Sans concession et sans langue de bois, un nouvel épisode de cette chronique paraitra chaque mois. Je vous invite à réagir et à commenter mes diffusions. »

Épisode 1 : 'Responsable mais pas coupable'

La France possède 3 énergéticiens poids lourds : EDF, ENGIE et TOTAL. Le lobbying orchestré par ces trois puissants groupes a longtemps contribué à ralentir et stigmatiser le développement des énergies renouvelables.
Pour les consommateurs français, le tarif de l’accès à électricité est anormalement peu couteux en comparaison à ses voisins Européens.
Cela ne facilite donc pas l’installation de systèmes de productions d’énergie autonome car ils sont plus longs à rentabiliser en France qu’ailleurs.
Le développement des énergies renouvelables passe par l’assentiment de la réalité économique. Le plus grand soutien à la protection de la planète et à nos ressources, c’est qu’un marché vertueux s’en détache et se développe. La définition même du développement durable s’appuie sur trois axes essentiels que sont l’efficacité économique, l’équité sociale et la qualité environnementale.

La France a complétement raté son entrée dans la transition énergétique. Les écuries d’Augias ne seraient pas assez vastes pour contenir toutes les absurdités et toutes les aberrations de l’État en la matière.
Mais avant d’entré dans le vif du sujet, rappelons-nous que le généreux tarif d’achat de 2006 a permis de lancer à grande échelle le photovoltaïque en France.
L’idée du gouvernement à cette époque était de soutenir fortement le tarif d’achat de l’électricité d’origine renouvelable afin d’en promouvoir rapidement son développement.Victime de son succès la machine photovoltaïque s’emballa, le gouvernement dans son affolement entassa des couches et des couches de nouvelles règles techniques et tarifaires, jusqu’à l’explosion du modèle et le moratoire rétroactif de décembre 2010.

Mais le mal était fait et il était profond.

Le tarif d’achat trop élevé et les promesses de gains élevés, avaient permis à de nombreux opportunistes de se revendiquer « professionnel photovoltaïque ». Des installations de mauvaises qualités, voir dangereuses avaient été installés.
Les banques déjà frileuses perdirent toute confiance en cette industrie naissante. De nombreux installateurs, fournisseurs, distributeurs, mirent la clé sous la porte. Plusieurs centaines de mégawatts développés ne virent jamais le jour et de nombreuses entreprises sombrèrent avec des acomptes déjà versé par leurs clients.
Plus de 45 000 emplois furent détruits et pour l’opinion publique, le solaire photovoltaïque fut associé à « instabilité », « légèreté » et parfois « arnaques ».

La plupart des dirigeants politique de l’époque fuyant leurs responsabilités (style responsable mais pas coupable) accusèrent les entreprises d’avoir créé une bulle spéculative autour du tarif d’achat.
Un entrepreneur qui voit une opportunité d’affaire et qui ne la saisi pas, n’est pas un entrepreneur, ou alors un bien piètre entrepreneur. Une entreprise se doit de gagner de l’argent honnêtement et nous dirigeant, n’avons fait qu’évoluer avec les règles dictées par l’état et conformément aux textes et décrets de lois.

Alors, que nous reproche-t-on ? D’avoir réalisé de bons profits?

Oui pendant quelques années nos entreprises firent de belles marges. Une grande partie fut redistribuée : Loyers, bâtiments, soultes et évidemment taxes. Fallait -il alors laisser EDF et Total tout rafler ?


Mais le plus cocasse était encore à venir, le post moratoire réserva lui aussi son joli lot de surprises…